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CULTUR'ELLE

    Colette Decuyper

    Colette Decuyper

    Des poèmes en toute discrétion

    ElleinLiege fait la connaissance de Colette Decuyper au Café le Bouquin, au rez-de-chaussée de la bibliothèque des Chiroux. Après un premier recueil baptisé à l’envers et en chaos, publié part l’arbre à paroles, elle est sur le point d’en sortir un deuxième au printemps. Rencontre avec une femme passionnée qui nous attendait, un livre à la main et dont l’un des mots préférés est silence : tout un programme.

    La poésie est un art peu connu. Souvent associée à la mélancolie, cette technique (qui s’écoute autant qu’elle se lit) permet pourtant d’exprimer une large palette d’émotions: de la joie à la tristesse, en passant par l’amour et la révolte.
    Dans son dernier recueil à paraître en mai et enrichi de dessins de Yvon Lemaire, Colette Decuyper parle d’amour. Un amour physique qui se traduit par un texte cassé et énergique comme la rencontre entre deux corps passionnés.

    La ville en quelques mots

    que serait la ville sans les mots qui la content ?
    que serait la ville sans les gens qui l’éveillent ?
    que serait ta ville si tu ne me la disais si tu ne me
    nourrissais de sa lumière et de sa violence, de sa poussière et de sa présence en toi ?
    que serait ma ville si je ne t’y guidais si je ne te
    dédalais à ses secrets ne te hissais à ses
    détours ses vices et ses rires ?
    que seraient nos villes sans les regards qu’on y
    respire sans les pas qu’on y lie et les repos aux passages des portes ?
    que serait une ville sans l’urgence de nos
    blessures sans l’évidence de nos rencontres ?
    que serait une ville sans le sexe de son nom ?
    que serait la ville sans nos mémoires en marche ?

    Colette Decuyper, février 2005

    La passion, parlons-en puisque cette Liégeoise en a à revendre : pour les mots mais aussi pour les paysages et les liens qui peuvent se tisser entre les gens. C’est ce qu’elle aime à Liège : le fait qu’il y est peut-être plus facile qu’ailleurs de nouer le dialogue sur base d’une phrase sans prétention échangée à la table d’un café. C’est d’ailleurs ce qui se passe pendant qu’ElleinLiege prend Colette en photos, alors qu’elle discute avec un monsieur assis à côté d’elle. En Cité Ardente, elle aime aussi les ponts et les fleuves qui rythment les paysages, ainsi que le côté bouillonnant de la ville. « Liège vit jour et nuit et le dimanche, la batte continue de faire respirer le centre ville ».

    Colette aime les livres dans leur entièreté et écrit depuis l’adolescence. D’abord des journaux intimes et puis des poèmes. Elle participe à de nombreux ateliers d’écriture et réalise notamment de magnifiques ‘livres-objets’ (notre photo), des œuvres d’art à eux seuls dans lesquels sont imprimés ses textes. Liège regorge de lieux qui mettent les mots et poèmes en lumière. Colette conseille notamment les rencontres du dimanche de l’Aquilone (Boulevard Saucy, 25 en Outremeuse) et la Maison de la Poésie d’Amay qui propose de nombreux ateliers pour enfants et adultes.

    Poète par passion, Colette a reçu, en 2002, le Grand Prix de la Communauté Française pour le concours ‘Pyramides’. Un coup de pouce pour cet auteur qui précise, avant de nous quitter, que la poésie n’a rien à voir avec les grandes envolées un peu pompeuses auxquelles elle est trop souvent associée. Elle vous invite donc à la découvrir au travers d’un recueil ou d’une rencontre poétique en Cité Ardente. ElleinLiege ne manquera pas de vous faire part de ces rendez-vous en dehors du temps.