Au centre de la vie
et de des créations de Maria Teknetzis, il y a l’Autre (avec
un grand A). Le fait de partager, d’échanger, d’écouter
semblent, en effet, rythmer la vie de cette peintre et sculpteur
d’origine grecque. Depuis 17 ans, elle crée de sympathiques
personnages en papier mâché. Son leitmotiv : la
grosseur, une constante qui donne à ses personnages une sorte
de bonhomie second degré. Nous l’avons rencontrée
chez elle, dans sa jolie maison colorée des hauteurs de Liège
pour en savoir plus sur ses « enfants de papier ».
Et moi dans tout ça?
Maria donne aussi des cours chez elle selon son emploi du temps. Pour en savoir plus, vous pouvez la contacter au 0494/16.39.38 |
Tout a commencé par une formation très académique en peinture chevalet. Ensuite, c’est au côté d’une artiste liégeoise (et non des moindres) qu’elle suit des cours du soir en sculpture. C’est en découvrant cette discipline aux côtés de Mady Andrien que lui vient l’envie de créer des pièces qui viendraient habiller le centre des galeries.
Les contraintes pratiques liées au travail de la terre (poids des œuvres, coût d’un four) l’amène vite à chercher une autre technique. Elle se lance donc dans le papier mâché avec l’aide de ses amis qui récoltent pour elle de vieux journaux. C’est cette notion de convivialité par le recyclage qui lui a plu immédiatement. Ses gros personnages ont un goût d’enfance, teinté de souvenirs méditerranéens. Lorsque Maria nous parle de sa grand-mère grecque, une dame au corps et cœur… gros comme ça, elle raconte ses vacances dans le village natal de ses parents, les gâteaux préparés la nuit (pour éviter la chaleur diurne), les jouets fabriqués à partir de vieilles poussettes d’enfants….
Sa grand-mère était une artiste avant l’heure qui n’a cessé d’inspirer Maria et à qui elle rend hommage aujourd’hui. Des cuisiniers aux vahinés, en passant par les fées et sorcières, toutes ses sculptures semblent être des grand-mères grecques, dissimulées sous de multiples costumes.
L’œuvre de Maria
Teknetzis ne se limite pas à la sculpture. Lorsqu’elle
peint, ses pinceaux sont aussi trempés dans un bain d’humour
décalé. Car pour elle, le rire est une force et une
manière de faire passer des messages forts. Elle réalise
des pastiches d’œuvres majeures de l’histoire picturale (Goya ou
Velasquez) ou des dessins riches de sens, comme ces simples caisses
posées dans un aéroport qui se révèlent
être des paquets remplis de filles. Une façon de
dénoncer la prostitution et violence faite aux femmes.
Maria aime varier les techniques et les supports. Passionnées de tapisserie, elle a maintenant envie de peindre sur de la toile de jute, non fixée sur un châssis.
C’est cette
curiosité et cette soif de découvertes qu’elle désire
communiquer à ses étudiants des Beaux-Arts où
elle enseigne. Transmettre une technique est un plaisir inné
pour l’artiste. En tant qu’aînée d’une famille
nombreuse, elle découvre vite le plaisir de montrer et de
partager son savoir.
Lorsque vous passerez devant la sandwicherie « Les Dames Tartines », rue des Mineurs (juste à côté de la Place du Marché), observez les trois grosses dames qui contemplent les passants depuis la vitrine : elles ne cessent de nous raconter des histoires…de villages ensoleillés, d’enfants gourmands… de bonheur, tout simplement !