Réunir le travail de deux femmes au sein d’un même lieu d’exposition, c’est le défi que s’est lancé Carine Delhaye, responsable de l’Espace Venta, une sympathique galerie située rue Hors Château, au milieu des typiques impasses du vieux Liège.
Les dessins d’Yvette Godet et les sculptures d’Isabelle Grégoire dégagent la même sensibilité et la même pudeur. ElleinLiege les a rencontrées, à l’occasion du vernissage de leur expo et leur a demandé de raconter leur travail et un petit bout de leur histoire personnelle.
Si Isabelle Grégoire a grandi aux côtés d’une mère peintre qui lui a transmis le goût de l’art et de la création, Yvette Godet a d’abord du se heurter à la réticence de ses parents. Elle a finalement pu s’inscrire en humanité artistique et découvre, au fil du temps, que le dessin peut soulager les douleurs de l’âme et les chagrins qui émaillent la vie. Aujourd’hui, Yvette est animatrice dans une maison de repos. Cet intérêt pour les gens et les histoires qu’il ont à raconter, on le retrouve dans ses dessins : des visages, des silhouettes épurées qui nous laissent libres d’imaginer le contexte de l’oeuvre.
Isabelle Grégoire s’est également tournée vers une profession à caractère social. Le métier d’infirmière lui permet de ‘faire du bien aux gens’. L’idée que ses œuvres pouvaient, elles aussi, contribuer à émouvoir et donner du plaisir aux autres, Isabelle ne l’a pas compris tout de suite. Elle a donc longtemps peint dans son coin avant d’exposer pour la première fois, en 1996. La sculpture est pour l’artiste d’avantage une ‘récréation artistique’, une façon de faire passer certaines émotions de manière plus ludique et colorée qu’au travers de la peinture.
Les sculptures d’Isabelle sont réalisées en pâte à bois et papier mâché. Il s’agit d’une recette qu’elle a élaborée et qui représente un véritable travail de patience puisqu’il faut compter 30 heures pour réaliser un seul personnage. Lorsqu’elle applique la couleur et donne vie à ces figurines, l’artiste ressent alors un vrai plaisir, une joie de créer que semble partager ces deux femmes. Yvette Godet trouve la même satisfaction dans la recherche d’un dessin toujours plus simple, toujours plus épuré, à peine coloré mais porteur d’un message fort et souvent emprunt d’une émotion personnelle.
Les deux artistes ont puisé dans leur histoire, gaie ou triste, pour nous raconter des histoires : celles d’enfants qui quittent la maison, de femmes qui portent le monde sur leur épaule, de couples amoureux ou en crise…Peut-être en verrez-vous d’autres, puisées au fond de votre propre vécu.
C’est, en tous cas, le vœu d’Yvette Godet et Isabelle Grégoire.