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PROFESSION DE FOI

    Yael Naze

    Yael Naze

    Celle par qui la connai-science arrive!

     Yael NazeLorsque je déboule dans le bureau de Yael, j’ai presqu’envie de marcher sur la pointe des pieds  …  de peur de la déranger. Non pas que cette passionnée du ciel ne soit pas sympa (loin de là), mais plutôt parce que je comprends d’emblée qu’ici, dans les bois enneigés du Sart Tilman, juste à côté d’une jolie statue en pierre tout en féminité, ça bosse ferme au sein du département d’astronomie de l’Université de Liège. Rencontre avec cette jeune chercheuse, Montoise d’origine (et de cœur), qui a élu domicile en cité ardente pour étudier les étoiles.

     

    Pour les romantiques lambda que nous sommes, les étoiles sont souvent associées à l’image (un poil mélo) d’une nuit passée en duo à regarder vers le haut. Bien que Yael Naze ne rejette pas l’idée en bloc (après tout, son amoureux est, lui aussi, passionné d’astronomie !), son métier est à des années lumière de ce genre de délassements. Out également, l’impression qu’un astrophysicien passe sa vie accroché à sa longue vue. Cette ingénieur, docteur en astrophysique, passe ses jours (et souvent ses nuits) devant son ordinateur. Chaque scientifique a un domaine d’étude bien particulier: le système solaire (planètes, lune), les étoiles massives (c’est le cas de Yael), les nébuleuses ou d’autres galaxies ...Un objet d’étude une fois défini, les scientifiques se constituent un dossier. Là aussi, il faut remettre les pendules à l’heure. Même si Yael a déjà travaillé au sein des observatoires français (en Haute Provence) ou chilien, il est de plus en plus rare que les scientifiques aient directement accès aux télescopes au sol. Tout se fait à distance et les résultats des observations arrivent tout droit sur les ordinateurs pour être ensuite mesurés, calculés et analysés par les chercheurs. Un travail de Titan qui laisse peu de place au reste.

     

    Pourtant, Yael a d’autres cordes à son arc scientifique. Sa passion, c’est la vulgarisation. Elle est d’ailleurs à l’origine de la promenade parmi les planètes au coeur des bois du Sart Tilman (départ à proximité du parking P 16). Sur une distance de 1 kilomètre, vous pouvez appréhender le gigantisme du système solaire. Une petite brochure au look sympa et contenant un max d’infos vous accompagnera tout au long de la balade.

     

    Le quotidien de Yael est donc résolument placé sous le signe des étoiles. Ce qui ne l’empêche pas d’avoir les deux pieds solidement ancrés dans la réalité, lorsqu’on lui parle du statut des femmes chercheurs. Dans ce domaine, l’égalité n’est toujours pas au rendez‑vous. Après un doctorat, les scientifiques sont encouragés à continuer leur recherche à l’étranger. Comment alors concilier sa vie de chercheur et celle de mère? Si 50% des étudiantes sont des filles, très peu se lancent dans des cycles de post‑doctorat. Yael se passionne aussi pour les femmes qui ont marqué l’histoire de l’astronomie depuis 1965. Avant cette date, elles n’avaient même pas accès à la profession. Pas encore trentenaire, Yael semble avoir l’équivalent de l’immensité du système solaire devant elle pour aller au bout de sa passion. C’est ce qu’on lui souhaite, en tous cas.

     

    Portrait réalisé en mars 2005

     

    Statue du parc Son objet d'étude