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    Marguerite Winden

    Marguerite Winden

     ElleinLiege a rencontré une liégeoise qui vit en Cité Ardente mais dont la plume, l'esprit et parfois le corps voguent souvent vers d'autre lieux. Portrait de Marguerite Winden auteure d'un recueil de nouvelles à découvrir absolument!

    Elle dit que c'est peut-être parce qu'elle y vit depuis dix ans sans en être partie. Ou parce que cette misère urbaine, de plus en plus palpable, la révolte. Ou bien, c'est l'esprit un rien trop «village» qui lui donne envie de converger vers d'autres lieux. Peu importe. Résumons en disant que cette auteure liégeoise dont l'un des personnages passe son temps à regarder la Meuse entretient un rapport plutôt ambigu avec sa ville de naissance. Marguerite Winden est grande, blonde, élégante. Si on voulait gagner du temps et risquer de tomber dans d'affreux clichés, on pourrait même dire que ses yeux ont la couleur de l'élément clé de sa vie: l'eau. La Meuse, d'abord puisque Marguerite Winden est née en Outremeuse, un quartier qui contient le nom de ce fleuve qu'elle aime tant. Une fois mariée, elle a d'ailleurs vécu sur un quai, au coeur de la Cité Ardente. Lorsqu'elle a déménagé à l'écart du centre, il lui arrivait souvent d'emmener ses enfants en ville et de leur rappeler, une fois arrivés sur le pont de Fragnée, «comme la Meuse est belle»!


     C'est donc à Liège qu'elle a situé la dernière nouvelle de son recueil «Sweet River». Les autres récits, par contre, nous racontent des histoires de mers, de rivières ou de fleuves ancrés sur d'autres terres, d'autres continents. Tout chez cette auteure inspire le paradoxe et...l'entre deux eaux. Son apparence douce et romantique ne trahit guère son tempérament de feu et son parcours professionnel plutôt terre-à-terre. Diplômée en économie, elle a enseigné cette discipline jusqu'il y a peu. Mère attentive, elle n'en est pas moins une aventurière de la vie qui aime les gens, les paysages, les atmosphères et la fête aussi. Son style direct trahit son sens de l'immédiat, du contact sans détour. Marguerite Winden envisage d'abord l'écrit comme un échange, un moyen d'aller à la rencontre des autres. A Liège, c'est d'ailleurs surtout l'interculturalité qui la séduit. Elle se souvient que lorsqu'elle enseignait, il lui arrivait de compter plus de cinq nationalités dans une seule classe.

     Lorsque vous vous plongez dans les nouvelles de Marguerite Winden, vous êtes immédiatement troublé par l'atmosphère qui s'en dégage. Chaque lieu, chaque vague, chaque ruissellement de l'eau semble presque couler de source comme si l'auteure avait ramené des bouteilles de chacun de ses voyages pour mieux capturer l'atmosphère du Mexique, de la Guadeloupe, du Guatemala...Ses premiers voyages remontent à l'époque où Marguerite rejoignait son mari parti travailler au Mexique. Avec leurs enfants, ils ont parcouru ce pays et les Etats-Unis. Une fois séparée, elle a voyagé à Cuba, au Kenya, au Sri Lanka et aux Antilles. Aujourd'hui, l'un de ses plus beaux voyages semble être celui qui la fait embarquer au pays de l'enfance. Très proche de sa fille et de sa petite-fille, elle file très souvent à Paris pour passer du temps "entre filles". Si Marguerite Winden n'était pas une grand-mère comblée, elle partirait, c'est sûr, pour un tour du monde. Sous ses airs fragiles, cette fille de Meuse a son permis bateau. Plusieurs fois, un skipper lui a proposé de devenir son second et de venir le retrouver à l'autre bout de la terre. Peut-être, un jour...demain?

    Sweet River, publié aux Editions Bénévent, est disponible à Liège, à La Fnac, chez Agora (rue des Carmes), à Huy à la librairie Le Déluge, à Verviers au Fil d'Ariane, à Bruxelles à la librarie Tropismes.