Marie
Hollange est une trentenaire aux multiples facettes. Liégeoise,
licenciée en philologie germanique et artiste pluridisciplinaire, elle
n’en est pas à son coup d’essai en terre étrangère. Après une année
passée en Espagne au terme de ses études et une expérience
professionnelle de trois mois au Chili en 2002, Marie avait visiblement
toujours la bougeotte. Le hasard l’a conduite au Congo. C’est donc un
peu du parfum de l’Afrique qu’elle nous envoie à travers ce portrait
qui nous réchauffe au cœur de l’hiver.
Tout commence (ou
recommence puisqu’il ne s’agit donc pas d’un premier ‘ailleurs’) avec
un C.V. envoyé à une école de Lubumbashi qui recherche des profs
d’anglais. Même après divers séjours à l’étranger, la décision de
s’envoler pour l’Afrique n’est pas anodine. « J’étais à la fois
contente d’avoir ce travail mais aussi effrayée à l’idée de me rendre
au Congo, surtout suite aux conflits, guerres et pillages qui ont
marqué ce pays. La décision fut difficile à prendre. Je n’en ai
d’ailleurs pas dormi pendant une semaine».
Clin d’œil
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Le
statut de prof est l’un des éléments positifs de l’aventure. De petites
classes, des élèves motivés par l’apprentissage des langues. « C’est,
le ‘paradis’ pour l’enseignement. J’organise aussi pour la première
fois dans l’école, un séjour culturel et linguistique de 10 jours à
Londres avec mes élèves ». Même si Marie intègre la culture dans ses
cours, on ne peut pas dire que la vie culturelle soit très riche à
Lubumbashi. Qu’à cela ne tienne, cette musicienne au tempérament
créatif s’est impliquée dans de nombreuses activités : une pièce de
théâtre dans laquelle elle joue et un concert de musique classique ;
des spectacles qui seront ouverts à tous : enfants et adultes,
Congolais ou étrangers.
La culture, Marie baignait déjà dedans
lorsqu’elle vivait en bord de Meuse puisqu’elle faisait partie d’une
chorale et a travaillé sept ans à l’orchestre Philharmonique de Liège
comme étudiante. A Lubumbashi, elle suit aussi des cours de poterie.
Bref, un quotidien plus que rempli !
Même si la solidarité n’est pas un vain mot en Afrique et que l’on
trouve toujours des gens prêts à tendre la main, l’éloignement pèse
parfois à Marie. La vie n’est pas non plus toujours facile dans cette
province du Katanga. Même si la petite communauté d’expatriés ne
connaît pas la misère et les privations, Marie n’est pas du genre à
fermer les yeux sur les difficultés que rencontrent les habitants qui
vivent souvent dans des quartiers non alimentés en eau et électricité.
« Les rapports sont donc parfois tendus avec les Congolais », explique
Marie qui regrette de ne pas pouvoir facilement établir un contact et
un rapport d’égalité avec eux. Les petits soucis du quotidien ne
manquent pas non plus et il faut souvent composer avec les contraintes
logistiques du pays. Lorsqu’on veut faire écouter les Beatles à ses
élèves et que le quartier est privé d’électricité (ce qui n’est pas
rare), il faut improviser. Ca fait partie du jeu !
A ceux qui
veulent faire le grand saut, Marie conseille de n’écouter que son cœur.
« On ne vit qu’une fois, alors Carpe Diem… Partir, c’est s’enrichir ».