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    Marie Hollange

    Marie Hollange

    Parfum d’Afrique

    Marie Hollange est une trentenaire aux multiples facettes. Liégeoise, licenciée en philologie germanique et artiste pluridisciplinaire, elle n’en est pas à son coup d’essai en terre étrangère. Après une année passée en Espagne au terme de ses études et une expérience professionnelle de trois mois au Chili en 2002, Marie avait visiblement toujours la bougeotte. Le hasard l’a conduite au Congo. C’est donc un peu du parfum de l’Afrique qu’elle nous envoie à travers ce portrait qui nous réchauffe au cœur de l’hiver.

    Tout commence (ou recommence puisqu’il ne s’agit donc pas d’un premier ‘ailleurs’) avec un C.V. envoyé à une école de Lubumbashi qui recherche des profs d’anglais. Même après divers séjours à l’étranger, la décision de s’envoler pour l’Afrique n’est pas anodine. « J’étais à la fois contente d’avoir ce travail mais aussi effrayée à l’idée de me rendre au Congo, surtout suite aux conflits, guerres et pillages qui ont marqué ce pays. La décision fut difficile à prendre. Je n’en ai d’ailleurs pas dormi pendant une semaine».

    Clin d’œil

    Lors de son séjour au Chili en 2002, Marie est invitée par l’ambassadeur belge a être son hôte lors de la visite du couple princier. Elle rencontre Mathilde et lui offre un collier qu’elle a réalisé (un autre de ses talents créatifs) et qui porte un prénom… devenu royal !

    Et Liège dans tout ça ? Avec un tempérament aussi ardent, Marie ne peut qu’aimer l’ambiance festive de la cité. Elle aime ses repères ‘cultu’ (l’orchestre philharmonique, le cinéma Churchill) et ses cafés ‘multi cultu’ :L’Ole l’Ole et tous les cafés de la Place du Marché.

    Marie est aussi une fan de shopping éclectique : de Mango (les fringues branchées espagnoles) à la librairie Pax, en passant
    par Décathlon…

    Le statut de prof est l’un des éléments positifs de l’aventure. De petites classes, des élèves motivés par l’apprentissage des langues. « C’est, le ‘paradis’ pour l’enseignement. J’organise aussi pour la première fois dans l’école, un séjour culturel et linguistique de 10 jours à Londres avec mes élèves ». Même si Marie intègre la culture dans ses cours, on ne peut pas dire que la vie culturelle soit très riche à Lubumbashi. Qu’à cela ne tienne, cette musicienne au tempérament créatif s’est impliquée dans de nombreuses activités : une pièce de théâtre dans laquelle elle joue et un concert de musique classique ; des spectacles qui seront ouverts à tous : enfants et adultes, Congolais ou étrangers.
    La culture, Marie baignait déjà dedans lorsqu’elle vivait en bord de Meuse puisqu’elle faisait partie d’une chorale et a travaillé sept ans à l’orchestre Philharmonique de Liège comme étudiante. A Lubumbashi, elle suit aussi des cours de poterie. Bref, un quotidien plus que rempli !

    Même si la solidarité n’est pas un vain mot en Afrique et que l’on trouve toujours des gens prêts à tendre la main, l’éloignement pèse parfois à Marie. La vie n’est pas non plus toujours facile dans cette province du Katanga. Même si la petite communauté d’expatriés ne connaît pas la misère et les privations, Marie n’est pas du genre à fermer les yeux sur les difficultés que rencontrent les habitants qui vivent souvent dans des quartiers non alimentés en eau et électricité. « Les rapports sont donc parfois tendus avec les Congolais », explique Marie qui regrette de ne pas pouvoir facilement établir un contact et un rapport d’égalité avec eux. Les petits soucis du quotidien ne manquent pas non plus et il faut souvent composer avec les contraintes logistiques du pays. Lorsqu’on veut faire écouter les Beatles à ses élèves et que le quartier est privé d’électricité (ce qui n’est pas rare), il faut improviser. Ca fait partie du jeu !
    A ceux qui veulent faire le grand saut, Marie conseille de n’écouter que son cœur. « On ne vit qu’une fois, alors Carpe Diem… Partir, c’est s’enrichir ».